Monique NICOLE

Monique Nicole est née à Périgueux en 1943. Après des études de gestion à Bordeaux, elle a travaillé pour une caisse de retraite, pour un constructeur de camions et enfin dans l'humanitaire en région parisienne. Elle est mère de 3 garçons...
Revenue en Nouvelle Aquitaine, elle a profité du temps de confinement lié au Covid-19 pour dévoiler cette  histoire hors de l'ordinaire et qui fait l'objet de ce livre :

 

   Au début du XXe siècle, à une époque où la télévision et internet n’existaient pas encore, un des moyens de découvrir le monde était l’échange de cartes postales. Elles sont apparues en Dordogne en 1898. 
Ce nouveau moyen de communication avait l’avantage d’offrir des visuels des plus beaux monuments du pays ou encore de paysages typiques. Dans ce seul but, on pouvait correspondre avec des personnes que l’on n’avait jamais rencontrées, une simple recommandation d’un ami commun, de la famille ou d’un collègue suffisait pour débuter l’échange de cartes. De ces échanges épistolaires naissaient souvent des amitiés et parfois même des romances. Ce livre retrace le jeu de séduction entre deux jeunes personnes en quête d’amour. L’une d’elles était ma grand-tante, Hélène Juge, qui habitait au Château d’Escoire et qui a correspondu de septembre 1901 à mars 1902 avec Engelbert à qui une amie avait donné l’adresse.

 

   J’ai découvert cette correspondance dans les années 60 grâce à Noëlie, une amie de la famille. Je n’avais malheureusement que la moitié de cette tendre correspondance, celle écrite par Engelbert et précieusement conservée par ma tante. Ce témoignage d’un temps révolu méritait d’être redécouvert, ce qui m’a conduit à la réalisation de cet ouvrage qui nous permet par les mots et les images de nous immerger dans cette magnifique période. J’ai essayé de retrouver l’autre partie de la correspondance en contactant les descendants, mais cette démarche fut vaine, j’ai donc pris le parti de recréer les réponses de ma grand-tante en me basant sur les éléments que m’a racontés Noëlie qui était une de ses plus proches amies et qui avait suivi le développement de cette romance épistolaire de près. Elle m’a parlé des sentiments d’Hélène, de sa conception de la vie, de la façon dont elle avait vécu ce «flirt par cartes postales», contrôlant mes réponses pour s‘assurer que cela correspondait bien au tempérament de son amie Hélène. À cette occasion j’ai notamment découvert que, alors qu’Engelbert écrivait toujours sur la face de la carte postale où figurait l’image (ce qui était l’usage à l’époque, car l’autre face servait à l’adresse), Hélène écrivait au dos de l’image et prenait toujours soin d’envoyer ses cartes dans des enveloppes pour les préserver des salissures et des taches d’encre qui déteignaient parfois d’autres cartes lors du transport par la poste.

 

   Je me suis donc mise en quête de cartes postales de cette époque pour compléter les textes réponses d’Hélène et transformer ainsi cette correspondance en un voyage pictural et sentimental à travers les limbes du passé. Les aléas de la vie m’ont obligée à abandonner ce projet pendant plus de 50 ans au point d’en oublier jusqu’à son existence. Suite à un déménagement, je l’ai redécouvert dans mes cartons et grâce à l’aide de mon fils qui s’est occupé du travail graphique des images et de la mise en page, j’ai pu le relancer et le finaliser afin de pouvoir enfin partager avec vous le charme des paysages anciens et de l’âme d’antan. J’espère que vous découvrirez ce monde étonnant avec autant de plaisir que j’en ai eu à le parcourir.

 

Monique Nicole