LES DOUZE SALES POLARS

en Normandie

Écrire une nouvelle noire ou gris foncé, en rapport avec un personnage ou un pays étranger… C’est le contrat rempli au sens propre par chacun des 12 auteurs de ces douze sales polars.

Du suspense, de l’humour, de la violence, de l’amour, de la haine, de la jalousie… Avec la Normandie comme scène de crimes !… 

 

Voilà les auteurs et le titre de leur nouvelle entre parenthèses : 

Agnès Wack (Beurre Salée)

Arnaud Roquier (La Chrysalide aux yeux globuleux)

Brigite Piedfert (Des livres et moi)

Brigitte Vivien (La Tombe d’Elaine)

Bruno Amato (Le Manoir du Lac)

Christian Coturel (Une Croix sur le repentir)

Jean-Noël Levavasseur (Les 12 salopes hard)

J. Jourdon (Un sale anniversaire)

Lost One (Une petite musique)

Malika Chaouche (Jean et Mathilde)

Marion Chemin (Deux minutes d’arrêt) 

Virginie Davarend (Cours toujours).


Extraits :

L’image l’épouvanta : un visage lacéré, un œil, crevé sans doute, c’était si moche à voir !

Agnès Wack

(Beurre salée)

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Tuer est un acte conceptuel pour peu qu’on ait une approche créative.

Arnaud Roquier

(La chrysalide aux yeux globuleux)

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Moisir dans ce trou à rats n'augurait rien de bon et je ne pus m'empêcher de frémir. En comparaison, les terrifiants bureaux du KGB entrevus autrefois tenaient du cinq-étoiles !

Brigite Piedfert

(Des livres, délivrez-moi)

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On aurait dit deux spectres sortis d'outre-tombe, complices d'un projet secret. L'un, ombre gigantesque mue par quelques fils invisibles, l’autre, déesse d’ébène à la chevelure incandescente, dont les yeux lançaient des éclats d’obsidienne.

Brigitte Vivien

(La tombe d’Élaine)

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Il pose un pied à terre et sent le sol froid et humide. Cette sensation étrange le réveille, et il ne peut retenir un cri en remarquant une mare rouge à ses pieds.

Bruno Amato

(Le manoir du lac)

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Les locaux de la PJ résonnaient déjà à son arrivée des bruits d’une machine à écrire qui se prenait pour une mitraillette des années trente.

Christian Coturel

(Une croix sur le repentir)

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Le message était clair : un geste de travers et vous êtes mortes. Le cauchemar continuait.

Jean-Noël Levavasseur

(Les 12 salopes hard)

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Je suis déjà mort. Ou c’est tout comme. Ça doit faire la même chose aux condamnés quand ils apprennent la date de leur exécution.

J. Jourdon

 

(Un sale anniversaire)

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Son cœur, soudain trop bruyant, prenait une place folle et martelait violemment ses tympans. Plus de passé, ni de futur, juste la précision du maintenant, tel un scalpel aiguisé en plein cerveau éveillé.

Lost One

(Une petite musique)

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Les enquêteurs comprirent à ce moment qu’il faudrait s’enfoncer plus profondément dans les placards et fonds de tiroirs, déplacer meubles et tableaux, soulever matelas et coussins, effeuiller linge de maison et livres.

Malika Chaouche

(Jean et Mathilde)

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Les petits déjeuners et les pulls enfilés à l'envers, les retours d'école et les notes catastrophiques, les rendez-vous chez le principal et les heures de colle, tout. Les petits larcins, les appels des flics, les gros larcins, les appels des juges, tout.

Marion Chemin

(Deux minutes d’arrêt)

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Le coup de barre. Je suis collée au bitume, je perds du terrain sur le meneur, j’ai trop chaud, mes jambes refusent d’avancer plus vite. Je lâche petit à petit. Salomé court devant moi, tant pis.

Virginie Davarend

(Cours toujours)